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Immigrer au Canada comme infirmière : permis d'exercice, programmes et stratégie

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Une infirmière diplômée en démarche de permis d'exercice et d'immigration au Canada

Ce guide s'appuie sur un webinaire présenté par Svetlana Demb (consultante réglementée en immigration canadienne, CRIC) et Eli Levit, un infirmier autorisé qui a immigré au Canada. Svetlana se concentre sur le volet immigration; Eli, qui a obtenu son permis d'exercice infirmier canadien avant de déménager, se concentre sur le permis d'exercice.

Vous pouvez regarder le webinaire complet sur YouTube.

Une remarque importante avant de commencer : l'information présentée ici reflète l'état des choses au moment du webinaire (juin 2026). L'immigration comme l'obtention du permis d'exercice infirmier sont des domaines très changeants — les programmes ouvrent et ferment, et les exigences évoluent constamment, parfois en quelques mois. Considérez ceci comme un aperçu général, et non comme un avis personnalisé.

Le message central tout au long : de petites erreurs dans le processus — un document manquant, une soumission tardive, le choix du mauvais volet — peuvent entraîner des retards importants, voire un refus. Le processus est déjà coûteux au départ, alors il serait dommage de gâcher une occasion qui pourrait ne pas se représenter.

Pourquoi le Canada a besoin d'infirmières

En Ontario seulement — la province la plus peuplée du Canada — il manque actuellement environ 26 000 infirmières. La pénurie devrait s'aggraver à mesure que la population canadienne vieillit, ce qui constitue d'ailleurs l'une des principales raisons pour lesquelles l'immigration au Canada se poursuit : le pays veut attirer des familles jeunes et éduquées. Selon les estimations, si la situation reste inchangée, le nombre d'infirmières dont le Canada aura besoin au cours de la prochaine décennie doublera.

Les conséquences pratiques : les provinces recrutent activement des professionnels de la santé, y compris ceux qui ne sont pas encore arrivés au Canada; les salaires des infirmières expérimentées et titulaires d'un permis augmentent; et quant à la sécurité d'emploi — même avec les bouleversements liés à l'IA, le travail infirmier devrait continuer d'exister à l'avenir.

Les trois volets d'autorisation d'exercice infirmier

Il existe trois volets d'autorisation d'exercice, et environ 99 % des gens empruntent le premier :

La plupart des provinces exigent un diplôme universitaire en sciences infirmières, de sorte que les personnes entrées dans la profession par une reconversion ont un parcours un peu plus difficile. Lorsque les études sont évaluées par WES (comme le font la plupart des gens aujourd'hui), le résultat correspond généralement à une équivalence de trois ans plutôt que de quatre. Chaque dossier est évalué individuellement selon les études précises.

Qu'est-ce qu'un CNP ?

Au Canada, chaque profession porte un code à cinq chiffres appelé CNP (NOC), déterminé par les tâches — ce que la personne fait réellement dans le poste. Point important : vous pouvez présenter une demande d'immigration sous le CNP d'infirmière autorisée même si vous ne détenez pas encore de permis d'exercice canadien, à condition d'avoir été légalement inscrite comme infirmière dans votre pays d'origine.

Le processus d'autorisation d'exercice, étape par étape

La première étape, avant toute chose, est un entretien avec un consultant en immigration agréé afin de choisir la province où vous voulez vivre. Une fois la province choisie, le processus de transfert de votre permis vers cette province commence en parallèle.

Les deux provinces les plus courantes et relativement les plus faciles sont l'Alberta et l'Ontario :

La durée du processus se situe en moyenne entre six mois et un an et demi, et dépend de nombreux facteurs hors de votre contrôle (l'établissement d'enseignement, les services postaux des deux côtés) ainsi que de vous — votre niveau d'anglais et votre réussite aux examens. La plupart des gens réussissent l'examen NCLEX à la première ou à la deuxième tentative, mais certains ont besoin de tentatives supplémentaires.

Les principales étapes :

  1. Ouvrir un dossier WES. L'établissement d'enseignement envoie votre relevé de notes à WES, et WES détermine si vos études sont équivalentes aux études canadiennes. En pratique, les diplômés d'universités et de collèges reconnus obtiennent couramment l'équivalence, alors cette étape se règle généralement assez rapidement.
  2. Ouvrir un dossier dans la province choisie et satisfaire à toutes les exigences. Les problèmes commencent lorsqu'une exigence particulière n'est pas remplie — par exemple, les heures d'expérience. Pour une personne qui vient de terminer ses études et n'a aucune ancienneté, cela peut être un obstacle, puisque chaque province a sa propre exigence d'heures d'expérience.
  3. Examens d'anglais — voir ci-dessous. Ici, il est particulièrement important que l'examen exigé pour le permis d'exercice soit la version Academic, et non General.

Examens d'anglais (et de français)

C'est l'un des points de confusion les plus fréquents : deux examens d'anglais différents sont exigés — un pour le permis d'exercice (la version Academic) et un pour l'immigration (la version General). Beaucoup de gens passent par erreur seulement le General et supposent qu'il comptera aussi pour le permis. C'est faux. Vous devez vérifier l'exigence exacte de la province en question.

Les examens d'anglais disponibles :

Le niveau exigé est généralement le NCLC 7 (ce qui correspond à environ 6 au IELTS). Cela dit, la recommandation est d'atteindre un niveau aussi élevé que possible : dans Express Entry (le programme fédéral), il y a des points supplémentaires pour un anglais élevé, et des points additionnels pour ceux qui maîtrisent l'anglais au niveau 9 ou plus en plus du français au niveau 7 ou plus.

Le français mérite d'être sérieusement envisagé. Le Canada vise à devenir un pays bilingue, et la demande de français croît. Une combinaison d'anglais de niveau natif et de français au niveau 7 vous place dans une tout autre catégorie en Express Entry, et les chances deviennent presque garanties — parfois même sans offre d'emploi canadienne, et même à 40 ans et plus. D'après l'expérience des clients, une personne qui s'y investit réellement atteint le niveau de français requis en environ un an et trois mois en moyenne.

Bonne nouvelle au sujet de WES : autrefois, un rapport WES émis pour l'immigration ne pouvait pas servir aussi au permis d'exercice, et une évaluation distincte (NNAS) était requise. Aujourd'hui, vous pouvez faire un seul WES et l'utiliser aux deux fins. (Cela ne s'applique pas à l'anglais — là, deux examens distincts demeurent exigés.)

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Les programmes d'immigration

Express Entry (le programme fédéral)

C'est un bassin général regroupant toutes les personnes qui atteignent le seuil de points, qu'elles soient au Canada ou à l'étranger. Les scores vont de 200 à 1 200. Plusieurs fois par année, un « tirage » a lieu — une invitation adressée à des candidats du bassin.

Les scores généraux les plus récents se situaient entre 504 et 547. En revanche, les professionnels de la santé — y compris les infirmières — ont été invités à un score nettement plus bas, dans une fourchette d'environ 462 à 476. Ce n'est tout de même pas un score facile à atteindre sans permis d'exercice canadien, sans expérience canadienne et sans anglais élevé, mais l'écart par rapport au score général montre à quel point le Canada a besoin de professionnels de la santé.

Les exigences pour les professionnels de la santé en Express Entry : six mois d'expérience (à l'étranger ou au Canada) au cours des trois dernières années. Vous pouvez ouvrir un profil sous le CNP pertinent même sans permis d'exercice canadien — ce que vous ne pouvez pas faire, c'est accumuler de l'expérience canadienne sans permis. Personne ne vous emploiera comme infirmière sans permis.

Express Entry a connu des changements tout au long de 2025 et 2026; l'un des changements de fond est l'augmentation des invitations ciblées vers les personnes exerçant des professions recherchées. Le domaine de la santé devrait rester en demande — les infirmières ne devraient pas disparaître de la liste des professions recherchées dans les prochaines années.

Les programmes provinciaux (PCP) et le problème de « l'œuf et la poule »

Comme l'immigration au Canada aujourd'hui est principalement une immigration économique fondée sur les besoins des employeurs et du marché, presque toutes les provinces exigent une offre d'emploi d'un employeur canadien. Cela crée le problème de l'œuf et la poule : vous avez un permis d'exercice, mais pas assez de points ni d'offre d'emploi — et sans offre d'emploi, vous n'atteignez pas le nombre de points.

Comment arrive-t-on concrètement au Canada ? Les voies d'entrée

Une fois que vous détenez un permis d'exercice, vous devez accumuler de l'expérience canadienne ou obtenir une offre d'emploi. Les principales voies :

EIMT (Étude d'impact sur le marché du travail). Le processus qu'un employeur doit suivre pour embaucher un travailleur étranger : afficher le poste pendant au moins un mois, fournir une explication pour chaque candidat canadien rejeté, et passer une entrevue avec les autorités de l'emploi. C'est un processus difficile, long et coûteux, et les employeurs n'aiment pas le faire. Les hôpitaux ne poursuivent généralement pas d'EIMT, alors en soins infirmiers cette option est plus « souhaitable » que « disponible ».

Les voies dispensées d'EIMT (une offre d'emploi fermée sans le parcours du combattant de l'EIMT) :

Une stratégie « inversée ». Il vaut parfois la peine de faire venir le conjoint avec un permis d'études ou un permis de travail fermé, précisément pour que vous (l'infirmière) obteniez un permis de travail ouvert — en partant du principe que vous, en tant que professionnelle de la santé, avez une meilleure chance d'accéder plus vite à la RP.

Un cas réel parmi les participants : un participant a bâti un plan avec Svetlana alors qu'il était encore à l'étranger. Sa femme est arrivée avec un permis d'études, il a obtenu un permis de travail ouvert, a été embauché pour un poste d'un an, et ils ont présenté une demande de RP immédiatement. Grâce au PCP de l'Alberta (qui accorde 600 points automatiques), il a reçu une nomination en moins de 24 heures, et sa RP a été accordée en quatre mois — alors que certaines personnes attendent des années.

Permis-relais vers la RP. Pour une personne déjà au Canada dont le visa est sur le point d'expirer pendant qu'elle est en processus de RP, un permis de travail « relais » comble l'écart entre le statut temporaire et la réception de la décision de RP.

Un avertissement important : il est illégal au Canada qu'un employeur ou un recruteur vous demande de l'argent pour vous trouver un emploi. Si quelqu'un vous offre un emploi en échange d'un paiement, il s'agit d'une fraude. Tournez les talons, tout simplement.

La stratégie de base : travailler sur les deux volets en parallèle

La recommandation sans équivoque d'Eli et de Svetlana : menez le permis d'exercice et la stratégie d'immigration en parallèle — ils ne se nuisent pas; ils s'entraident.

La raison illustre pourquoi cela compte : l'Ontario avait autrefois un programme appelé Human Capital, dans lequel les personnes exerçant des professions recherchées (dont les infirmières) étaient invitées à un score bas — le dernier groupe a été invité à 428 points. Un client a décidé d'attendre l'approbation de sa RP avant d'entamer le processus de permis d'exercice. Lorsque la RP a été approuvée, il existe une fenêtre très limitée pendant laquelle vous devez arriver au Canada pour « activer » la RP — et il a été forcé d'arriver avant d'avoir terminé son permis d'exercice, de sorte qu'il ne pouvait pas travailler dans sa profession. Une erreur courante à éviter.

Un avantage supplémentaire : une fois que vous avez déjà un permis d'exercice en main, accompagné d'un permis de travail ou d'une RP, il est beaucoup plus facile de traiter avec un employeur. De son point de vue, il n'y a aucune raison de vous embaucher tant qu'il n'est pas clair si et quand vous obtiendrez l'autorisation de travailler. Un permis d'exercice déjà prêt vous fait gagner de six mois à un an dans le processus.

Erreurs courantes à connaître

Délais et coûts

Délais (très individuels) :

Les délais dépendent de la réussite aux examens, du niveau d'anglais, des perturbations postales, des jours fériés et des conditions locales qui peuvent réduire les heures de fonctionnement des institutions.

Coûts :

Une question de principe : un consultant agréé et responsable ne facturera pas la totalité des honoraires à l'avance, mais plutôt selon l'avancement (habituellement 2 à 3 versements : à la signature du contrat et à l'ouverture du profil, puis lorsque vous êtes invité). Une exigence de paiement intégral à l'avance est un signal d'alarme.

Comment vérifier qu'un consultant est agréé : au Canada, seuls les avocats canadiens ou les consultants en immigration agréés peuvent fournir des conseils et une représentation en matière d'immigration. Vous pouvez consulter le registre du CICC (le collège des consultants en immigration) à college-ic.ca par nom de famille. Si le nom n'y figure pas, la personne n'est pas agréée, ou pire. Il est aussi recommandé de recueillir l'avis de personnes ayant suivi un processus avec ce représentant.

CV et entrevues d'emploi au Canada

En moyenne, 100 à 150 candidats se disputent chaque poste. Les candidats internes (avec de l'ancienneté) sont habituellement privilégiés, mais lorsqu'il n'y en a pas, les employeurs regardent à l'externe. Pour vous démarquer :

Concernant l'entrevue : une entrevue d'emploi au Canada est notée — ce que vous avez répondu et comment vous l'avez répondu. De nombreux candidats passent par là, et ceux qui obtiennent les meilleures notes sont sélectionnés. Il est très important de se préparer; sinon, vous obtiendrez une note basse. (Sur l'âge : un employeur a des considérations dans un sens comme dans l'autre. L'âge ne figure pas sur le CV et n'est pas un facteur dans le permis d'exercice lui-même.)

Se préparer à l'examen NCLEX

Il existe plusieurs entreprises de préparation reconnues que vous pouvez trouver en ligne — par exemple UWorld et Archer Review. Le choix d'un abonnement dépend de votre échéancier : quand vous voulez passer l'examen, combien de temps vous avez pour vous préparer (certains le font en un mois, d'autres en un an) et votre niveau d'expérience. Il est important de choisir du matériel à jour — des manuels datant de quelques années ne sont pas nécessairement actuels.

En conclusion

Le Canada a besoin d'infirmières, et la demande devrait se maintenir pendant des années. La clé du succès est de bâtir la bonne stratégie, adaptée à votre situation et de mener le permis d'exercice et l'immigration en parallèle — sans plonger dans le grand bain en espérant que tout aille bien. Le processus n'est pas facile : il est coûteux, long et exige de la persévérance. Mais pour celles qui sont prêtes et qui le bâtissent correctement, cela se réalise.

Rien n'est garanti, et on ne peut promettre la réussite — mais avec une bonne planification et un désir authentique, c'est réalisable.

Cet article est un aperçu général fondé sur un webinaire à jour en juin 2026 et ne constitue pas un avis d'immigration personnalisé. L'immigration au Canada change fréquemment — pour des conseils actuels et personnalisés, consultez un consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC) agréé ou un avocat canadien.

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